Gravures

Il s’agit ici de confronter la pérennité d’une technique ancienne à la modernité du modèle architectural et à son inscription dans la contemporanéité urbaine.
La gravure est produite par le dessin (la pointe sèche traçant des motifs que viendra mordre l’acide) puis par des masques successifs de vernis, appliqués par le pinceau sur la résine fondue (l’aquatinte). La plaque attaquée jusqu’au noir profond est alors enduite d’encre, essuyée et imprimée par le passage sous presse. Le résultat mêle la minutie et le hasard, la précision et l’accident : après 3 jours de travail l’intention initiale tend à se perdre, et c’est le tirage qui fait tout ressurgir brutalement. Une fois le travail achevé, le grain peut être agrandi, l’image retouchée, fractionnée, laissant apparaître des motifs inattendus, les gris des aplats de résine révélant comme l’inconscient d’un espace devenu à la fois mental et concret.

S’il fallait rapprocher la gravure d’une autre technique artistique, je songerais volontiers au daguerréotype et à son temps de pose étiré : la faible sensibilité des plaques exigeait en effet une longue exposition en extérieur, excluant par principe les modèles en mouvement.
Lignes et contours du sujet s’inscrivaient « en profondeur » sur le support, imprimant plis des vêtements et de la peau avec une netteté troublante.
Cette acuité des traits a disparu des clichés instantanés, mis au service de la fugacité. Ma volonté serait de retrouver cette empreinte durable dans la représentation du bâti et du paysage.